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Les points forts ou les points chauds

          Directement en liaison avec les lignes fortes : c'est les points de rencontre entre elles.

          Il y a donc 4 points forts

          Par convention, appelons les comme suit :
- le point en haut à gauche : P1
- le point en haut à droite : P2
- le point en bas à gauche : P3
- le point en bas à droite : P4

          Dans l'image ci-contre, la route entre dans le village et suit le chemin P4 - P3 - P1

          Pour un agrandissement, cliquer l'image.

  Tamtatoucht, Maroc.

Petit exercice

          Voilà une image. Combien de temps a-t-il fallu pour découvrir le sujet ?

          Deuxième petit travail : imaginer les points forts sur cette image.

          Chacun des points forts ne représente que du sable.
          Le sujet est bien au centre. Donc éloigné de tous les points forts.

          Cliquer l'image pour contrôler.
  Cadrage au centre.

Fonctionnement des points forts

          Puisque les points forts appartiennent aux lignes fortes, il est envisageable que le fonctionnement des points est lié au fonctionnement des lignes.
          En fait, ils ne sont que des points privilégiés des lignes.
          Au premier regard d'une image, de par notre habitude de lecture, nous recherchons intuitivement les points dans l'ordre P1 - P2 - P3 - P4 .
          Il en découle que le sujet de l'image sera réglé en fonction de ces points.

Combien de points utiliser ?

          Les ponts forts s'utilisent avec parcimonie :
- soit 1 seul ;
- soit 2 sur une ligne horizontale ;
- soit 2 sur une ligne verticale ;
- soit 2 en diagonale ;
- soit 1 + une ligne horizontale ;
- soit 1 + une ligne verticale ;
- soit 3 .

          MAIS pas 4 !

          Le choix des associations est déjà nombreux.
Alt

Utiliser 1 point

          C'est un cas en fait assez rare. Cela signifie qu'on utilise une toute petite partie de l'image, un quart au maximum.
          C'est une solution pratique pour représenter un sujet petit sur l'image. C'est le cas du lézard ci-dessus. Ce peut-être aussi le cas d'un astre, par exemple.

          Suivant le point utilisé, l'image sera plus ou moins dynamique.
          Dans le cas de l'utilisation d'un seul point fort, il est souhaitable que l'environnement du sujet soit assez plat ; peu de détail dans l'ensemble de l'arrière plan. C'est le cas du lézard : il courre sur du sable, entre quelques cailloux et quelques touffes d'herbes.

          Le rendement de l'imge peut être modifié par le champ qui reste entre la position du sujet et la direction qu'il semble proposer. Notre petit lézard est arrêté, il regarde à droite, donc vers le bord de l'image. Question potentielle : où va-t-il ? Réponse probable : quelque part dans l'immensité du désert. Mais, l'image l'induit mais ne donne pas la réponse.

          En revanche, s'il regardait vers un autre point fort, on pourrait certainement se demander pourquoi l'image ne suggère pas plus clairement les intensions de la bestiole.



          Remarque ; toutes ces considérations ne sont-elles pas de la philosophie de bas étage ? Peut-être que oui. Peut-être que non. Ce qui est sûr, c'est que l'intérêt de l'image est proportionnel à ce qu'elle exprime ou ce qu'elle intérroge. Le seul moyen du photographe pour faire vivre son instantanné, c'est de profiter de ce genre de moyens pour capter l'attention du lecteur.

Exemple d'utilisation de 1 point fort
          Solution pour placer un sujet dans son immensité.
          Ici, bagarre entre foulques au milieu d'un lac.

          Deux raisons pour ce choix :
- Technique : L'action est trop loin pour avoir du détail dans l'image. On ne peut pas agrandir plus les oiseaux.
- Subjective : l'idée est de montrer la lutte pour la vie dans une nature sans limites.

Le paroxisme de la bagarre.

Utiliser 2 points forts

          Possible dans plusieurs combinaisons :
               - deux point horizontaux : P3 - P4 ou P1- P2
               - deux points verticaux : P1 - P3 ou P2 - P4
               - deux diagonales : P1 - P4 ou P2 - P3

          La solution P3 - P4 donne une image stable : le sujet repose sur le sol, c'est plus confortable.
          La solution P1 - P2 a besoin de beaucoup de force pour tenir «en l'air»
          La solution en diagonale est en déséquilibre constant.

          Chacun des choix est possible. Mais, pour induire quelle reflexion chez le lecteur ?

          Variantes : utiliser une ligne forte verticale ou une ligne forte horizontale.

Tannerie à Marrakech.

2 points forts alignés

          La scène est l'altercation entre les trois bestioles, dont le point culminent a été le moment ci-dessus.
          L'un des deux mâles a perdu. Il s'éloigne du couple.
          D'où l'image où les protagonistes forment chacun un pôle situé sur un point fort.

          Ici, les deux points appartiennent à une ligne forte. Chaque ligne peut supporter une scène de ce type.



La bagarre est terminée..

2 points forts en diagonale

          Une solution est très utile : les deux points forts endiagonale.

          Cette solution est souvent utilisée, notamment pour rompre la monotonie du tout horizontal ou du tout vertical



          En résumé : le choix des points forts convient quant le sujet doit occuper une surface réduite de l'image.
          Ici, si les coroles prennent le maximum de surface, les coeurs sombres marquent nettement les points forts et sont les accroches de l'image.

Deux tulipes.

Utiliser 3 points forts

          C'est une composition en triangle.

          Il y a aussi plusieurs choix :
               - Base du triangle en bas : P1 - P3 - P4 ou P2 - P3 - P4
               - Pointe en bas : P1 - P2 - P3 ou P1 - P2 - P4

          Les remarques sont les mêmes qu'avec 2 points : le triangle est-il stable ou en équilibre instable ?
          C'est en fait le cas le plus fréquent. Mais, attention à ne pas confondre les images à 2 points en diagonale avec les images en triangle.

          Variante : utiliser une ligne et un point, comme ci-dessous.

Kiosque à Pamplemousse.

Utiliser 4 points forts

          C'est le choix le plus facile : JAMAIS !

          Utiliser 4 points forts revient à ne pas utiliser de point fort. C'est tout !
          Ce cas n'arrive jamais ? Bien sûr que si : par exemple la façade rigoureusement symétrique d'un monument. Alors pourquoi une photo ? Parce qu'il y a un intérêt à exprimer avec d'autres outils : lignes fuyantes, lumières, jeux d'ombres, etc, etc.

          Si un autre intérêt n'est pas exprimé, la sanction est immédiate : l'image est plate, sans surprise, donc sans intérêt.

Fouilli dans le jardin.


Autres solutions

          Sur les premières images, le ou les sujets mis sous les points forts sont très petits sur l'image.

          Voici une autre solution : le sujet couvre la totalité de l'image. Mais, le point principal de l'image, flou par nature, puisque c'est là que le mouvement des fuseaux est au maximum, est situé sur un point fort.
          L'objectif ici est de faire partir la lecture de l'image en éventail, comme le dessin des fuseaux.


          D'autres solutions de lecture peuvent être données par l'utilisation des points forts.
          Très souvent, le point fort est associé à une ligne forte. C'est le thème de la page suivante.
Le mouvement des fuseaux.


Conclusions

          Toutes les combinaisons possibles rendent les solutions infinies.
          Mais, la combinaison lignes fortes et points forts est la clé d'une belle image «qui tape dans l'oeil»

          Il n'existe qu'une solution pour y arriver : faire attention de construire la photo au cadrage , donc AVANT d'appuyer sur le bouton. Après, même si on peut retoucher, c'est foutu. On peut corriger mais pas refaire.
          La photo numérique a induit une erreur grave, notamment dans l'esprit des nouveaux photographes : « - Puisque cela ne coûte rien, je fais autant de photos que je veux. Après, je trie».


          Mais, comme le dirait fort bien JP Coffe : « - Trier de la merde ne donne quand-même que de la merde !». Si je m'efforce de construire mes images, il y en aura bien une ou deux de temps en temps qui seront mieux construites que les autres. Et puis, de plus en plus. Si on arrive à un taux de 10%, on est déjà un sacré cador !

          Prendre l'habitude de retoucher ses photos sur un logiciel type Photoshop permet d'analyser et de repenser chaque image et de progresser.


Madame et Monsieur.




 
Ecrit et composé avec GenPh© -CopyrightDepot.com 00035368- V 2.010-5601-MMag du 26/12/2006

  Dernière modification : 03/04/2015