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Les lignes fortes


De la division par 3

          L'opération est simple :
          - on divise le côté par trois.
          - de chacune des deux divisions, on trace une ligne verticale et horizontale.

          On obtient le quadrillage bleu.

          Mais, on peut déroger légèrement comme le quadrillage rouge.

          C'est une histoire de compromis entre la préférence et le rendu de l'image.


          Cliquez les images pour les voir en plus grand : plein écran 17".
  Les lignes fortes.

Ligne horizontale basse

          Principe : l'horizon en ligne basse privilégie le ciel.

          C'est bien le cas ici : l'intérêt est les voiles des kite surfs dans les nuages.
          On ne distingue les surfeurs qu'après avoir vu les voiles.

          Remarque : l'horizon est toujours horizontal !
  Kite surf à l'ile Maurice. Libre

Ligne horizontale haute

          Principe : l'horizon en ligne haute privilégie le sol et les actions qui s'y déroulent.

          Ici, l'horizon est un peu en dessous pour que le littoral du lagon soit bien situé sur la ligne horizontale basse.

          Le ciel n'a pas d'intérêt. Il aurait pu être moins important, cela n'aurait pas gêné. ( Note : je viens de faire un essai sur Toshop : remonter l'horizon fait perdre de l'espace à l'image.)


          Remarque : l'horizon est toujours horizontal !
  L'anse du bénitier à l'ile Maurice.

Note sur la qualité de l'horizon

          Par définition, l'horizon est ... horizontal . C'est une évidence, surtout pour des images de bord de mer. Pour autant, il doit être horizontal à la prise de vue .
          En général, une ligne horizontale est tracée dans le viseur de l'appareil photo. Elle sert de guide.
          Quand l'horizon est moins bien défini qu'au bord de la mer, il peut pencher de 1 ou 2 degrés. Mais, attention, au-delà de 3 degrés, l'image paraît nettement de travers.
          Sur les images prises dans cette série, le plus que j'ai récupéré l'horizontalité a été de 1,3 °.

          Si on veut que l'horizon ne soit pas horizontal, alors, il y a une raison voulue et visible sur l'image et il penche vraiment : au moins 10 ou 20 degrés.

Lignes verticales

          Les deux lignes verticales ont le même poids. C'est l'opérateur qui définit celle utilisée en fonction du sujet et de ce qu'il veut représenter.

La Grande Mosquée de Casablanca.  
          Principe : la ligne verticale principale du sujet est sur l'une des deux lignes verticale de l'image.

          Corollaire : la verticalité ne peut être vérifiée que sur une seule des deux lignes verticales, problème d'optique des objectifs oblige.


          La ligne du sujet à privilégier n'est pas toujours évidente. Ici, par exemple, si l'arrête du mur à droite était bien verticale, toute la galerie de gauche serait tordue. Comme c'est la galerie qui offre le plus de détails, tant pis pour le coin de mur droit.

          Le choix de l'arrête est obligatoirement fait à la prise de vue. L'erreur n'est pas rattrapable, même si un logiciel comme Photoshop peut sauver un peu les dégâts.

Cas des immeubles de grande hauteur

          Le minaret de la Grande Mosquée de Casablanca culmine à plus de 200 mètres. Il n'y a presque pas de recul. Le photographe est à peine plus de 300 mètres de l'édifice.
          Respecter la règle de la verticalité n'est pas facile, d'autant qu'avec le grand angle, les distorsions sont exagérées. Il faut malgré tout choisir où la déformation sera la moins gênante, limiter au maximun le grand angle, éviter au maximum de relever l'appareil. Tous les ingrédients sont là pour faire une photo tordue. Le seul vrai remède : l'objectif à bascule et décentrement ! Mais, c'est une toute autre histoire.

          C'était la troisième série de photos. Elle n'est pas encore bonne. Il faudra retourner encore une fois là-bas pour les refaire !
          ( Note : je ne dis pas si cela sera vraiment une punition !)
          Le pont de la Tour de Londres est plus facile à photographier : moins haut et plus de recul. Mais, résultats plus carastrophiques du à la présence des deux tours qui se retrouvent vite à ressembler à un accent circonflexe.

Alt Alt Alt
          Image de gauche : l'angle le plus à gauche du minaret est bien vertical. Mais celui qui est au plus près de la ligne forte est penché : tout le minaret apparaît penché.

          Image du centre : le minaret est complètement décalé. Je voulais faire ressortie les gamins de la colonie de vacance qui passent sur l'esplanade. Dans un grand format, l'image marche bien. En petit, on n'y voit rien. Mais, parmi les trois images, c'est sur celle-ci que la mosquée est le mieux cadrée. C'est le meilleur compromis.

          Image de gauche : la ligne forte est pile dans l'axe de la façade du minaret. Donc, chacun des angles de la façade converge à peu près de la même façon : le minaret est bien droit, même si l'arrête arrière dévie beaucoup. En revanche, l'effet est obtenu au détriment de la mosquée qui paraît complètement déformée. Et pourtant, elle est droite !


Conclusions

          Les descriptions ci-dessus considèrent une seule ligne à la fois. En réalité, il faut maitriser les deux groupes de lignes chacun de leur côté et les groupes ensembles. Cela corse généreusement l'affaire. Et ... les deux lignes principales sont-elles bien d'équerre ?
          La vraie question est : les éléments qui tracent la ligne forte virtuelle principale verticale et les élements qui tracent la ligne forte virtuelle principale horizontale vont-ils apparaître bien normaux* entre eux ? **** (Dit comme cela, c'est 'achement plus simple ! Non ?)

          L'important est de trouver l'équilibre entre tout cela pour obtenir :
               - soit le meilleur résultat quand on maitrise la situation : pas de problème d'éloignement ou de recul, pas de hauteur trop violente, etc. ;
               - soit le résultat le moins mauvais : il faut aller vite, il n'y a pas assez de recul, l'objectif n'est pas à la bonne focale, etc.
          Et, juste pour rire, ce n'est qu'une partie des éléments à considérer pour faire l'image du siècle !

          Mais, en y allant petit à petit, on arrive assez vite à maitriser au moins deux lignes sur quatre : 1 horizontale et 1 verticale. Après, c'est l'expérience qui paie.

          Respecter cette règle de base transforme déjà les photos «ordinaires» en images «regardables».




          * Normal : définition (presque) mathématique : une droite est normale à un plan quand elle est perpendiculaire à ce plan dans toutes les directions (Je crois que deux directions suffisent pour qu'elles soient toutes concernées).

          **** C'est peut-être à cause de phrases à la c... comme celle là qu'on retrouve plein d'appareils photos dans les poubelles ! ** Je viens d'inventer cette phrase très facilement lisible et compréhensible juste pour détendre l'atmosphère. Non merci. N'applaudissez pas !
          En revanche, juste pour redevenir sérieux : si c'est si difficile en photographie, imaginez une seconde comment cela se passe avec un caméscope. Alors, là, je ne ris plus : combien de fois subit-on la séance du vidéo gag de la part des amis (ou leurs fait-on subir ...) J'ai arrêté la vidéo parce que c'est bien trop compliqué pour arriver à une image «regardable», d'autant plus que les personnages qui ne sont en général pas des acteurs, ne sont jamais à leur bonne place dans les plans.

          ** Note : il y a quelques années, Kodak avait calculé qu'un appareil vendu consommait en moyenne 3 pellicules ... dans sa vie ! D'où le principe de mettre sur le marché des nouveaux appareils tous les 2 ou 3 ans.

 
Ecrit et composé avec GenPh© -CopyrightDepot.com 00035368- V 2.010-5601-MMag du 26/12/2006

  Dernière modification : 03/04/2015